2007/2 Le Cap Horn, la « Bête Noire »

2/  Le Cap Horn, la « Bête Noire »

Le Cap Horn c’est la nuit, le froid, c’est la tempête,
Les gros nuages noirs affalés sur nos têtes,
C’est la brume, la pluie, l’embrun glacé, la brise,
C’est la lame méchante roulant sur la mer grise,
C’est le jour sans soleil, c’est la nuit sans étoiles,
C’est l’ouragan qui bride et déchire les voiles,
C’est le brouillard qui tombe en un manteau glacé,
Les rafales qui battent les agrès effarés,
C’est la saute au Sud-Ouest, le bateau chaviré,
Son plat bord, tout son pont et ses roufs noyés,
La misère pour tous et la manœuvre dure,
La veille jour et nuit, c’est l’enfer sans murmures,
C’est l’écueil de la nuit, c’est la sombre banquise,
Le tombeau toujours prêt dans l’écume qui brise.

Capitaine Georges Perdraut

juin 1913

à bord du quatre-mâts Cap Horn

Le quatre-mâts Antonin, François Bourgain capitaine et Françis Evenou mousse sous la neige du Cap Horn.

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